graphie


Table des matières :


La graphie normalisée du gallo : les consonnes

Généralités

Les consonnes nécessaires pour écrire le britto-roman sont :

19 consonnes simples : b, c, d, f, g, h, j, l, m, n, p, q, r, s, t, u, v, y, z
5 consonnes composées de deux signes : ch, cz, lh, ny (ou yn), tz

Dans un ordre phonétique :

Labiales :

b, p, v, f

Dentales :

d, t

Gutturales :

g, c, q

Laryngale :

h

Chuintantes :

j, ch

Sonnantes :

labiale : m ; dentales : n, r ; vélaire : l

Sibilantes :

z, s, (tz) cz

Palatales :

y, lh, ny

Labio-vélaire :

u ou ù (semi-consonnes dans les diphtongues)

Remarque : k et x ne sont utilisées que dans des mots internationaux.

Il n'y a pas de consonnes doubles à l'intérieur des mots, sauf dans le cas des mots composés (ex. : annaschae, mettre à l'attache, composé de an- (en), différent des composés de a-).

Dans la suite de l'exposé, nous ne commentons pas les consonnes dont l'usage n'est pas différent en français.

Détail

D

La palatalisation (locale) du d devant i n’est pas notée.

Exemples : diabl (diable) prononcé / djab /, diós (dieu) prononcé / dju /.

T

La palatalisation (locale) du t devant u ou oe n’est pas notée.

Exemples : tuae (tuer) prononcé / tchüë /, toell (tuile) prononcé / tchöl /.

Le t en final est prononcé dans une partie du pays rennais.

Exemples : leit (lit), peit (pis), teit (toit), meinoet (minuit), il alit (il alla), il dit (il dit), chat (chat), rat (rat), laèt (lait), dreit (droit),…

G

Le g, devant é, i, u, oe, n'est pas prononcé / j /, mais il est fortement mouillé (prononcé / dj /, / dy /, / y /).

Exemples : gésp (guêpe), geinblèt (serpette), gimauntae (informer), goezi (tomber dans la misère).

C

A l'initiale, le c remplace cz devant e, é, è, i. Il s'écrit ç devant a, o, u. A la fin d'un mot, un c simple est toujours muet.

Exemples : çandr (cendre), blaunc (blanc).

Q

Le q est utilisé devant é, i, u, oe, aé, aè et il représente alors toujours un / k / mouillé (prononcé / tch /, / ky /, / ty /). A la fin d'un mot, il remplace le c lorsque le son / k / doit être prononcé.

Exemples : qutae (cacher), qoerr (cuire), viqaèrr (vicaire), qaéss (caisse).

H

Le h initial est toujours prononcé, comme en breton, anglais, allemand.

Exemples : héjae (secouer, gauler), hautór (hauteur).

J

On écrit toujours j.

Exemples : jaunb ( jambe), jenoélh (genou).

Z

On utilise toujours z pour la sibilante douce : touzae (tondre), rózaéy (rosée). En finale, z simple est muet.

Remarque : L'emploi du s pour représenter la sibilante douce (s doux intervocalique du français) n'est pas possible, à cause de la règle de formation du féminin. En effet, lorsque nous avons un -s final muet au masculin (grós, gras), le féminin se forme en doublant le s final (gross, grass). Pour les mots, par exemple, correspondant au français ras (ou rez), etc., féminin rase, il n'y a pas d'autre solution que d'écrire raz, razz, et razór (raseur), et de même rózeinn (résine), ràézon (raison).

(Le roumain écrit de même roza pour rose : / z / doux intervocalique ; le z espagnol-castillan est une spirante forte dans razón).

S

On utilise toujours s pour la sibilante forte : tosae (cogner).

Suivant une voyelle et précédant une consonne, s indique que la voyelle précédente est longue, ou bien, dans certains parlers, il se prononce  / y / (comme à Bovel, Gennes sur Seiche, etc.). Dans certains cas, il représente une évolution d'un r (ex. : cosniylh, Besnard).

En finale, s simple est muet ; suivant -in, il indique que le n est prononcé mouillé.

TZ

Tz ne se rencontre qu'en finale, où il représente la forme muette de cz. Il indique que la voyelle précédente est fermée (lorsque cela n'est pas déjà marqué par un accent).

Exemple : bratz (/ bra: /, a fermé, français bras), dérivé braczae (/ brasë /, a ouvert, fr. brasser).

CZ

Cz représente la spirante dentale forte, prononcée comme le z espagnol ou le th anglais fort jusqu'au XVIIIème siècle. On prononce aujourd'hui comme ç français.

A l'initiale, devant e, è, é, i, il est remplacé par c ; devant a, o, u, il est remplacé par ç.

M

M est toujours prononcé, y compris en finale (à l’exception de quelques mots) : fam (femme). La voyelle précédant un m n'est pas prononcée nasale dans tous les parlers.

Dans un petit nombre de mots, un m final muet suit un l ou un r. Il indique à la fois que le l ou le r est prononcé et que la dérivation est en m. Ce sont : palm (palme), vèrm (ver) estórm (combat).

N

N indique toujours que la voyelle précédente est nasalisée : anaéy (année), anm (âme).

En finale, suivant la voyelle, n simple indique seulement la nasalisation d'une voyelle.

Dans un petit nombre de mots, un n final muet suit un r. Il indique à la fois que le r est prononcé et que la dérivation est en n. Ce sont : anfèrn (enfer), atórn, corn (cor), chaérn (viande), fórn (four), ivèrn (hiver), jórn (jour), sonjórn, tórn (tour), retórn (retour).

R

R doit être prononcé roulé sur le bout de la langue (le soi-disant / r / grasseyé parisien, ou / r / uvulaire, est une consonne gutturale d'introduction récente, et qui témoigne de la décomposition du langage).

En finale, le r est muet : chauntór (chanteur), fenéstr (fenêtre).

L

Lorsqu'un l suit une des consonnes p, b, f c, g, il est en général prononcé mouillé (ou même comme un y).

Ceci est une caractéristique ancienne du britto-roman (qu'il a en commun avec le poitevin). Dans certains parlers, elle entraîne des prononciations très particulières (/ choe / pour fleur, / chyo / pour clou, etc.).

La prononciation mouillée étant une règle dans cette position, il n'est pas nécessaire de compliquer l'écriture par une graphie spéciale. On saura que claèr se prononcé / klyè(r) / ou / kyè(r) /.

Y

Y représente le i consonne. Son usage, surtout pour former le féminin, est caractéristique du britto-roman moderne. Cependant, dans certains parlers, il arrive qu'il soit muet.

LH

Lh représente le l mouillé (comme dans les noms de lieux, ex. : Tilhac).

Le l mouillé est un point de division à l'intérieur du britto-roman.

Dès le Moyen-Age, en gallo du Nord (comme en normand), il s'était « dépalatalisé » et était devenu un l ordinaire (en finale, au masculin, ce lh est muet ; au féminin, on retrouve un y).

Au Centre et au Sud, au contraire, le lh s'était maintenu.

Dans l'évolution récente, sous l'influence du français, le lh a été le plus souvent remplacé dans la prononciation par un simple / y /, au Centre et au Nord. En outre, des emprunts au français ont réintroduit, au Nord, des finales en y au masculin.

Le signe lh convient seul pour couvrir tous les cas. La graphie française (-il, -ill) est inutilisable pour deux raisons :

- elle amènerait des confusions avec les diphtongues en -i.
-
elle ne permettrait pas d'avoir une seule graphie du nord au sud.

Lh, au contraire, peut couvrir deux sortes de prononciation :

- au Nord, il peut se prononcer comme l à l'intérieur des mots, et être muet en finale
- au Sud, il peut se prononcer / l / mouillé (souvent / y / dans la prononciation francisé actuelle).

On peut aussi fixer un usage graphique homogène.

Exemples :

- noms masculins : clavraelh (grande vrille), conselh (conseil), doelh (peine, deuil), orczoelh (ustensile), órgólh, ortelh, sólelh (soleil), travalh (travail), vermelh.
- noms féminins : aguylh (aiguille), bótaylh (bouteille), seylh (seau).

NY (ou YN)

Ny représente le n mouillé.

Exemples : gaenyae (gagner) [dérivé de gaen], chastaeyn (châtaigne), chastaenyaer (châtaignier).

U (semi-consonne)

U, lorsqu'il est placé après une voyelle, donc dans les groupes au, èu, ou, etc., représente la semi-consonne de ces diphtongues, c'est à dire qu'il a la valeur de / w /.
En fin de mot, en gallo du Nord, le u semi-consonne est muet (ex. drèu, coqueluche).


dernière modification : 2004-10-08